Cours de Géographie, 3ème

La diagonale du vide, mythe ou réalité ?

L’expression ‘diagonale du vide’ renvoie à une France peu peuplée, celle des faibles densités. Cette diagonale du vide prendrait la France en écharpe, depuis les départements du Nord-Est jusqu’aux Pyrénées, en y incluant le Massif central. Mais on peut se demander si cette diagonale des faibles densités correspond à une réalité. Elle compte un certain nombre de métropoles et de villes moyennes dynamiques comme Toulouse, Clermont-Ferrand ou Troyes.

Les nuances à apporter : l’ancienne région Champagne-Ardenne

(document à télécharger)

https://www.insee.fr/fr/statistiques/fichier/1292207/IF178.pdf

Entre 1982 et 2011, la population diminue légèrement dans l’ensemble de la région, avec une baisse de 340 habitants par an en moyenne.

Mais en 30 ans, on constate que les départements de l’Aube et de la Marne gagnent des habitants. Tandis que les départements des Ardennes et de la Haute-Marne en perdent.

Les atouts et les dynamiques

Les agglomérations rémoise et troyenne bénéficient de dynamiques démographiques métropolitaines, en raison de leur proximité avec l’agglomération parisienne. A partir de 2006, on assiste à une stagnation dans les centres urbains au profit du périurbain.

La recherche géographique

https://journals.openedition.org/cybergeo/27439

Sébastien Oliveau et Yoann Doignon, La diagonale se vide ? Analyse spatiale exploratoire des décroissances démographiques en France métropolitaine depuis 50 ans. https://doi.org/10.4000/cybergeo.27439

A l’échelle départementale, l’étude souligne le fait que 6 départements français ont connu une baisse démographique continue entre 1968 et 2009 : la Creuse, la Haute-Marne, le Cantal, l’Allier, la Nièvre, les Ardennes. 6 autres départements ont connu une baisse globale : Paris (desserrement dans toute l’agglomération), la Meuse, la Lozère, l’Aveyron, les Vosges et l’Indre.

Mais il y a d’autres espaces qui se vident, comme la Bretagne intérieure, coupée des dynamismes de littoralisation et de métropolisation.

https://journals.openedition.org/cybergeo/docannexe/image/27439/img-2.jpg

« Depuis 50 ans, et parfois plus, des départements perdent de la population et ce phénomène perdure. Le premier constat que nous avons pu faire est la baisse constante que subissent certains départements. Six d’entre eux (en rouge foncé sur la carte 1) ont connu une baisse régulière de leur population depuis 1968 (Creuse, Haute-Marne, Cantal, Allier, Nièvre, Ardennes). Leur localisation est discontinue, mais ils constituent en quelque sorte le squelette de la diagonale. 6 autres départements (en rouge clair) ont eu des trajectoires moins régulières (baisse et hausse selon les recensements), mais se caractérisent sur l’ensemble de la période par une baisse finale de leur population. D’ailleurs, aucun d’entre eux n’a connu une croissance démographique supérieure à la moyenne française (Paris, Meuse, Lozère, Aveyron, Vosges, Indre). Le cas de Paris est particulier. Il s’agit plus d’un artefact dû à sa délimitation administrative qu’à la véritable dynamique observée de la métropole urbaine : décroissance démographique intra-muros et croissance démographique de la ville bien au-delà des murs. »

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« La structure spatiale observée précédemment continue d’être clairement visible à un niveau de lecture global (cf. carte 3). La répartition des communes selon leur dynamique démographique ne semble pas aléatoire. Les communes qui ont perdu de la population durant les quarante dernières années continuent de former un long ruban qui part des Pyrénées pour remonter jusqu’aux Ardennes. De plus, un plus grand nombre de zones en décroissance démographique aux marges des petits pôles urbains en croissance apparaissent au niveau communal par rapport à la carte des cantons.

Même si un grand nombre de villes et bourgs ruraux ont connu des reprises et entraîné avec eux leur voisinage direct (voir le travail de Sylvie Dubuc sur l’Aveyron et la Lozère, 2004), les contours de ce que certains ont appelé la « diagonale du vide » se lit encore très bien dans sa dynamique. Au-delà, la Bretagne intérieure, à l’exception de Rennes et son hinterland, a connu elle aussi des pertes constantes. La Corse connaît une dynamique similaire qui oppose littoral et intérieur à l’exception de Corte. Les communes connaissant une perte de vitesse, se trouvent à l’interface des espaces en décroissance démographique et de ceux qui ont connu les hausses les plus fortes. »

Page réalisée par Alain MONTIER, lundi 3 juillet 2023